Monsieur le Ministre,
Je vous prie de bien vouloir trouver ci-dessous un message d'espoir, publié à votre attention.
Dans l'attente de votre réflexion, veuillez croire, Monsieur le Ministre, en l'expression de mes sincères salutations.
L’ESPOIR ME LE MURMURE
Se peut-il de cacher dans l’art une torture ?
Conçoit-on que soit faite à la vie cette injure ?
Tout ce sang sur le sable, est-ce votre signature ?
Sur le vice de l’humain se doit-on de conclure ?
Cet animal candide sous sa lourde ossature
Qui en silence ploie de profondes déchirures
Pensez-vous qu’il subisse toutes ces écorchures,
Ces douleurs d’une plaie que sans cesse on triture,
De sa propre volonté puisqu’il ose l’aventure ?
Que feriez-vous demain pris entre quatre murs
Et par une voix muette sous une brave stature
Luttant pour votre vie avec rage et courbures
Qu’un public se délecte à en croire une armure ?
Regardez tout ce rouge qui souille l’encolure,
Cette bave qui écume autour de l’embouchure,
Ce halètement pénible qui s’emplit à mesure
Que se brisent les nerfs de l’épaisse carrure,
N’étant plus à présent qu’un tourment qu’il susurre !
Est-ce que vous iriez loin l’échine en meurtrissures ?
Pour un seul coup d’épée que le fou vous assure,
Qu’il vous infligera avec désinvolture !
Perçant là un poumon, ou une autre ouverture…
Votre agonie au prix d’une seule bavure
Qu’au mieux on blâmera pour les éclaboussures !
Ne pleurez vous donc pas de ce mal qu’on procure ?
Ce taureau vigoureux n’a-t-il pas fière allure ?
Ne soufreriez-vous pas des douleurs qu’il endure ?
Ou votre indifférence vient de votre posture ?
De votre position ‘spectateur’ qui rassure ?
Considérer la vie de chaque créature !
Arrêtez d’étouffer dans l’ignoble imposture
De croire que seules comptent votre race et nature !
De quel droit jugez-vous par cette procédure
Que la vie d’un taureau n’a pas votre envergure ?
Que satisfaire vos yeux vaut l’effroi d’une blessure ?
Martyriser la bête au nom d’une culture !
N’avez-vous rien trouvé comme argument plus sûr
Que de faire de ce terme un objet de parjure ?
N’avons-nous pas banni les spectacles obscurs
Des arènes de jadis où l’Homme était ordure?
La conscience mûrit et efface à l’usure
Les traditions barbares de l’humaine dictature !
Quelle évolution du respect ? Quelle tournure ?
Si ce n’est d’abolir la brutalité pure ?
L’ « humanité », serait-il un mot caricature ?
La pitié synonyme ? Et si ! Je vous le jure!
L’insensibilité n’en est que salissure !
Tauromachie : gâchis d’un taureau par luxure.
Car il ne vous revient, à vous, qu’une facture,
Une cupidité de fripouille immature
Eblouie du culot, de l’altière figure,
D’un maigre travesti par de fines dorures,
Quand ce n’est un enfant qui porte la pelure.
Lui, que l’on encourage à titre de bouture
A ne fuir ce destin qui veut la mort inclure!
Messieurs virilité ? Mais je vous en conjure
Voyez bien que le risque n’a pas sa vraie texture !
L’imminente victoire du cruel on censure !
La victime est trompée par sa musculature !
Votre cœur au plus faible doit ouvrir sa serrure,
D’un recoin de son âme à jamais ne l’exclure.
La compassion, l’estime en seront la gravure.
Message d’humanité : songez ! Je vous l’adjure !
Vous l'entendrez un jour. L’espoir me le murmure.
Eurydice BLED, conseillère municipale de Pau (64)
1. 21/05/2012
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