Manifeste pour le Piémont Pyrénéen

Oui, notre avenir nous appartient !

Oui nous sommes chanceux d’occuper un espace aussi riche de diversité, de paysages, de ressources, naturelles et humaines. Oui nous avons le devoir d’être résolument optimistes et volontaristes pour réfléchir à l’avenir que nous voulons pour nos enfants, pour nous-mêmes. Cet avenir, c’est à nous qu’il appartient de le construire, à personne d’autre.

Nous sommes dépositaires d’un patrimoine naturel d’une richesse absolue. Ce patrimoine, le dilapiderons-nous? C’est ce patrimoine qui a permis à notre région d’être ce qu’elle est. Sans sa préservation, rien n’est possible.

La richesse viendra-t-elle des autoroutes et des LGV ?

Quelle étude sérieuse démontre que les grandes infrastructures créent la richesse et le développement économique d’une région ? Aucune ! Après plusieurs décennies de bétonnage, de constructions de grands axes routiers et autoroutiers, une évidence : la route ne crée pas l’emploi, n’apporte pas la richesse, n’est pas la solution pour pallier le manque de projet structurant. Miser tout l’avenir d’une région ou d’un bassin de population sur la réalisation d’une liaison autoroutière est l’aveu d’une impuissance et d’un manque d’imagination graves.

C’est tout un système de gouvernance politique et économique qu’il faut remettre en cause, et repenser, pour avancer vers plus de cohérence.

Nous, écologistes, ne vivons pas dans l’illusion de la richesse infinie, ni dans le mythe de l’éternelle croissance. Nous regardons le monde tel qu’il est, tel qu’il nous entoure. Nous essayons de le comprendre. Notre vision n’est pas négative, elle est au contraire d’une étonnante vitalité, d’une grande fertilité d’idées. Car le projet écologiste est le projet qui place l’homme au cœur de toute analyse, réflexion, décision. L’homme et son environnement, indissociables, unis pour le meilleur.

Des voies de circulations sécurisées :

Oui, il faut sécuriser la RN 134 entre Pau et Oloron ! Certaines portions ne sont plus conformes au standard de sécurité que chaque usager est en droit d’exiger. C’est la responsabilité de l’Etat qui est engagée dans ce dossier. Chaque euro investi dans une autoroute Pau / Oloron sera autant d’euros en moins au service de la sécurité de la route existante. Elle serait d’1/3 moins coûteuse selon la DDE qui l’a écrit lors d’une consultation sur ce projet. Les chiffres sont là et ils sont connus des décideurs.

Pau / Oloron /Somport : axe E7, l’axe du mal ?

E7, une lettre, un chiffre, et un projet : celui d’un grand axe européen destiné à fluidifier le transport routier, à permettre plus de transits de marchandises entre les pays, à diminuer le coût des échanges, et à permettre au marché d’aller produire là où les règles sociales et environnementales seront les moins contraignantes. A force de tout miser sur le transport routier, la France se condamne à regarder passer les camions, et à voir son industrie délocalisée. Qu’apportera à la région d’Oloron un nouveau corridor à poids lourds ? Des nuisances et rien d’autre. Le train du progrès s’égare. Il faut de toute urgence le mettre sur une autre voie.

Le rail au service de quoi ? De qui ?

L’alternative au transport routier, mais aussi au transport individuel est une urgence sociale autant qu’environnementale. Des transports passagers de qualité cadencés, avec des normes de confort et de sécurité maximum sont une nécessité pour répondre à l’évolution prévisible du coût des transports individuels liés aux évolutions prévues des prix de l’énergie. Ce rail de proximité reliera à moindre coût Oloron à Pau, à Saragosse. C’est une urgence. En défendant ce projet depuis plus de 20 ans, les écologistes sont également promoteurs d’une modèle de société moins individualiste, plus solidaire, plus humain.

Avec l’ours évidemment :

La politique anti ours est caractéristique d’une approche négative dans la vie politique de notre pays. C’est la politique du bouc émissaire. Il ne faut pas nier les difficultés de l’agriculture, dans les régions pastorales comme dans les régions de culture de plaine. Mais plutôt que de rechercher des solutions pérennes, durables, plutôt que de s’accorder sur un diagnostic objectif du modèle agricole existant, on recherche des coupables. Ici c’est l’ours. Quand il n’y aura plus d’ours, de qui viendra la faute ? Quels problèmes auront été résolus ?

Il n'y a pas de politique de l'ours. Le problème ne se réglera pas depuis Paris dans un sens ou dans l’autre.. Réglons l'affaire de façon décentralisée en dialoguant, en négociant, le tout en se respectant. Le même respect, le même dialogue que l’homme doit avoir envers son environnement s’il ne veut pas qu’il se retourne contre lui. Nous nous devons d’assurer sa préservation, et celle de l'ours, vis-à-vis des générations futures.

L’Agriculture :

Face à la difficulté globale et grandissante du monde paysan, il faut réfléchir davantage au type d’agriculture qui sera encore viable et économiquement possible à l’avenir, plutôt que de chercher à éradiquer une espèce qui a cohabité paisiblement avec nos ainés durant des siècles. Nous écologistes dénonçons une agriculture prédatrice de notre environnement, des hommes qui la servent, des campagnes qu’elle a fait mourir, d’un environnement qu’elle a pollué, abimé, par endroit détruit. La solution face à la crise agricole en cours est de changer l’agriculture.

En quelques années à peine, des centaines d’AMAP ont vu le jour en France, et les béarnais ont ardemment soutenu ces initiatives, à tel point que les demandes explosent, à la campagne comme à la ville, et que chaque jour de nouveaux agriculteurs se tournent vers plus de considération pour leur terre, leurs animaux, pour la qualité de leurs produits, et donc pour nous, consommateurs.

C’est ce courage merveilleux que nos collectivités se doivent de soutenir, en changeant notamment les aides à l’agriculture.

Notre culture :

Notre territoire a un patrimoine culturel, linguistique, humain très riche. Partir de nos racines, de notre histoire, de notre patrimoine culturel pour s’ouvrir vers l’extérieur, vers les autres, vers un monde contemporain, …tel est le défi que nous devons porter en matière culturelle. Soyons acteurs et pas uniquement spectateurs.

Nous en sommes capables, nous avons dans notre territoire des artistes professionnels talentueux. Nous formons également ces artistes…Mettre en place une véritable politique culturelle passe par la rencontre de professionnels et de non professionnels, par des échanges transfrontaliers, par la formation de métiers culturels, par l’encouragement et le développement de projets de qualité.

NOTRE APPEL :

Le monde bouge. En Tunisie, en Egypte, en Lybie, en Espagne et aussi en France. Le mouvement écologiste est en train de devenir une réalité politique puissante qui s’impose en Allemagne et grandit dans notre pays.

Nous, habitants du Béarn, des Pyrénées et d’ailleurs, parce que nous refusons la fatalité de la destruction de notre environnement humain, social, économique et écologique, nous nous engageons à travers ce manifeste proposé par Europe Ecologie Les Verts Béarn à soutenir les idées de développement local basé sur le respect des individus et de leur environnement.

Nous soutenons une politique d’échanges transfrontaliers au service des hommes, pour des échanges au service des économies locales.

Nous souhaitons une politique de sécurisation des axes routiers existants pour le bien être des populations. Nous défendons les projets de trains locaux au service des déplacements des individus entre Oloron, Pau, Canfranc, et les bassins de Lacq et Orthez.

Nous prônons une réforme profonde de notre agriculture pour une agriculture paysanne, pastorale, humaine, vivant en harmonie avec son environnement naturel.

Nous défendons un projet culturel offensif, trait d’union entre un passé riche et un avenir plein d’espoir, tourné vers l’autre, pour mieux savoir accueillir la diversité culturelle qui nous est proposée avec l’évolution des techniques de communication.

Nous voulons partager avec les autres habitants de notre planète la fierté et la liberté d’être les générations du meilleur, du mieux vivre, responsables et respectueux des autres, et du monde qui nous entoure. Nous sommes la génération de la mondialisation écologiste !

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